Adorno et le care (compte-rendu de lecture)

Compte-rendu de :

Estelle Ferrarese, La fragilité du souci des autres. Adorno et le care, Lyon, ENS Éditions, 2018, 149 p.

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Compte-rendu disponible en cliquant ici : Lectures

La page universitaire de l’auteure : Estelle FERRARESE

Présentation (premiers paragraphes du compte-rendu) :

L’auteure de ce petit livre annonce dès les premières lignes qu’il vise à « réarmer la critique par le féminisme ». Ainsi, l’une des principales forces de l’ouvrage tient au fait qu’il incarne un croisement assez inédit et saisissant entre plusieurs thèmes de réflexion. Professeure de philosophie morale et politique, Estelle Ferrarese est également directrice adjointe de l’Institut du Genre et liée à différentes institutions de recherche internationales. Ses travaux se situent au confluent des philosophies morale et sociale, des études de genre, sur le care ou le féminisme, et de la théorie critique de l’École de Francfort. Autant dire que, si elles peuvent concerner différents acteurs et actrices, les recherches de Ferrarese -requièrent quelques prérequis pour saisir tous leurs enjeux et implications, à l’instar du livre, court mais dense, dont il est ici question.

L’École de Francfort est le nom donné à un ensemble de chercheurs en philosophie et sciences sociales, originellement basés à l’Institut de recherches sociales de Francfort à partir des années 1920, et qui ont en commun des approches intellectuelles déployées en référence à ce qu’on appelle la théorie critique. Celle-ci s’inspire principalement du marxisme, de la philosophie sociale et morale de Hegel, Nietzsche et quelques grands autres, de la sociologie et de la psychanalyse, dans une perspective de « critique du capitalisme et des pathologies sociales qui en découlent ». Si les intellectuels assimilés à ce courant de pensée sont nombreux et divers par leurs approches et leurs objets, Theodor W. Adorno en est l’un des plus célèbres. C’est dans plusieurs de ses écrits que Ferrarese cherche des points de convergence avec les théories du care et la réflexion autour du « souci des autres ».

Le care, de l’anglais « soin » ou « prendre soin », renvoie à un objet d’étude ainsi qu’à une certaine éthique, tous deux relatifs à une approche spécifique, attentionnée, de la vulnérabilité d’autrui. Le care désigne donc l’activité de soin dans la sphère privée et domestique, mais ce concept renvoie également à différentes sphères professionnelles relevant principalement du travail social et du soin. L’activité et l’éthique du care sont donc fondées sur un « souci des autres » qui recouvre, selon l’auteure, « des dispositions et des affects divers, pourvu qu’ils recoupent une attention aux besoins et aux souffrances d’autrui couplée à une injonction ressentie à y répondre » (p. 11)

Le lien entre le care, les études de genre et les approches féministes devient par conséquent assez évident lorsqu’on s’aperçoit que, dans nos sociétés, les pratiques, les « affects » et les métiers du soin sont principalement dévolus aux femmes. Le propos de Ferrarese est alors de chercher comment la théorie critique d’Adorno et les théories du care peuvent se renforcer mutuellement. En effet, comme le montrent les nombreux questionnements déployés par l’auteure tout au long du livre, le sens du care et ses implications morales peuvent être questionnés lorsqu’ils prennent place dans une société capitaliste telle que la nôtre. Ces axes de réflexion sont développés au cours de quatre chapitres qui présentent successivement les principaux apports d’Adorno sur ces sujets, ainsi que les points de convergence, de divergence et de complémentarité entre les travaux du philosophe allemand, les théories du care et la critique féministe.

(…)

 

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Compte-rendu de lecture : Walter Benjamin, « Paris, Capitale du XIXe siècle »

Compte-rendu de lecture : Walter Benjamin, 2015, Paris, capitale du XIXe siècle, Editions Allia, 64p.

Résumé :

Les éditions Allia rééditent le petit exposé devenu classique de Benjamin sur le XIX e siècle. L’occasion de pointer à nouveau les intuitions, très actuelles, de celui-ci, sur les reflets que la modernité se donne d’elle-même.

Disponible à l’adresse suivante :

http://www.nonfiction.fr/article-7668-actualite_de_walter_benjamin.htm

Ou en cliquant ici en version PDF

Site de l’éditeur : Allia